Marchés de paris tennis Wimbledon: du vainqueur au handicap de jeux, ce qu’ils mesurent vraiment

Table des matières
- Vainqueur du match: le marché de référence
- Paris sur les sets: score exact et handicap de sets
- Total de jeux et handicap de jeux: la lecture de la dynamique
- Aces et doubles fautes: marchés statistiques
- Outright: parier le vainqueur du tournoi
- Combinés tennis: risque exponentiel, pas mathématique
- Règles à connaître: abandon, weather rule, retraits
- Quel marché pour quel profil de parieur ?
La première fois que j’ai ouvert l’interface paris d’un opérateur agréé pendant une demi-finale à Wimbledon, j’ai compté vingt-trois marchés différents pour un seul match. Vainqueur, score exact en sets, total de jeux, handicap de jeux, premier set, total d’aces par joueur, double faute en premier jeu, tie-break dans le set un — la liste continuait. Dix ans plus tard, je vois encore des parieurs traiter tout cela comme des paris interchangeables. Ils ne le sont pas.
Chaque marché mesure une chose précise et répond à une logique propre. Le marché vainqueur teste l’écart de niveau entre deux joueurs. Le marché jeux teste la dynamique du match. Le marché aces teste la combinaison surface plus profil de service. Confondre ces dimensions, c’est parier sur la mauvaise question. Cet article démonte chaque marché tennis disponible à Wimbledon, ce qu’il mesure, et où se cachent les pièges spécifiques au gazon. À Wimbledon 2025, 6 365 aces ont été enregistrés sur les 746 matchs disputés — un chiffre qui change radicalement la lecture des marchés statistiques.
Vainqueur du match: le marché de référence
Si vous demandez à un parieur français quel pari il a placé sur Wimbledon, neuf fois sur dix il vous répondra « j’ai pris Sinner ». C’est le marché 1N2 — sauf qu’au tennis il n’y a pas de match nul. Donc juste 1 ou 2. C’est le pari le plus simple et c’est précisément pour ça qu’il faut s’en méfier.
Le marché vainqueur du match, qu’on appelle aussi moneyline dans le vocabulaire anglo-saxon, ne récompense qu’une chose: avoir choisi le bon joueur. Que la victoire arrive en trois sets secs ou après cinq heures et un tie-break au cinquième, le pari paie pareil. Ça paraît évident dit comme ça, mais cette indifférence au scénario fait toute la mécanique du marché. Le bookmaker n’a pas besoin de modéliser le déroulé — il modélise la probabilité brute du résultat final.
Sur gazon, ce marché est plus serré qu’ailleurs. La surface raccourcit les échanges, donne un avantage massif aux gros serveurs, et écrase les écarts de classement quand l’outsider tient son service. Un match qui se jouerait 1.30 contre 3.50 sur terre battue se jouera souvent 1.50 contre 2.80 sur gazon entre les mêmes joueurs. Le bookmaker intègre cette compression, et c’est là que le débutant se fait avoir: il prend le favori en pensant qu’il achète une probabilité de 80 %, alors que la cote serrée signale 65 %.
Mon réflexe avant de toucher au marché vainqueur: convertir la cote en probabilité implicite, retrancher la marge bookmaker, et comparer cette probabilité à mon estimation personnelle basée sur le head-to-head sur gazon, le rendement au service des deux joueurs sur les douze derniers mois, et la forme récente sur les tournois préparatoires. Si l’écart entre ma probabilité et celle du bookmaker dépasse cinq points, c’est éventuellement un pari intéressant. Sinon je passe. Le marché vainqueur récompense la patience, pas la conviction.
Une variante existe: le pari « vainqueur sans abandon ». Si votre joueur mène un set à zéro et l’adversaire abandonne sur blessure, le pari classique est gagnant chez la plupart des opérateurs ANJ — mais certaines variantes « to win the match » exigent que les deux joueurs terminent. Lisez les conditions de l’opérateur avant de miser, surtout sur les rencontres où l’un des deux traîne une gêne physique connue.
Paris sur les sets: score exact et handicap de sets
J’ai un ami parieur qui répète qu’il « ne joue jamais le score exact, c’est de la loterie ». Il a tort à moitié. Le score exact en sets n’est pas de la loterie au tennis — il l’est au foot, parce qu’un 2-1 ou un 3-2 dépendent de mille événements. En tennis, les scénarios sont beaucoup plus contraints. Trois sets ou cinq, point final.
Sur les tournois du Grand Chelem hommes, les scores possibles en simple sont 3-0, 3-1, 3-2 pour le vainqueur, donc six combinaisons au total en intégrant le sens (Joueur A 3-0, Joueur A 3-1, Joueur A 3-2, et symétrique). En simple dames, le format est en deux sets gagnants, donc 2-0 ou 2-1, soit quatre combinaisons. Cette finitude rend le marché lisible.
Le 3-0 est typiquement coté autour de 2.20 à 2.80 quand le favori est très large, le 3-1 entre 3.50 et 5.00, le 3-2 souvent 7.00 et plus. La cote du 3-0 paraît tentante quand vous voyez Sinner contre un qualifié de 110ème mondial. Le piège: à Wimbledon, même un qualifié peut grappiller un set sur son service si sa première balle rentre à 70 %. Dix ans d’observation des Grands Chelems sur gazon m’ont convaincu que le 3-1 est plus rentable que le 3-0 en moyenne sur les « gros écarts apparents », parce que les outsiders accrochent plus souvent un set qu’on ne le croit, surtout pendant les deux premiers tours quand les têtes de série sont encore en rodage.
Le handicap de sets est la version handicapée du même marché. « Sinner -1.5 sets » signifie qu’il doit gagner avec au moins deux sets d’avance, donc 3-0 ou 3-1 en cinq sets gagnants. La cote chute moins vite que sur le score exact, et c’est souvent un meilleur compromis pour les amateurs de favoris larges. À l’inverse, « outsider +1.5 sets » gagne si l’outsider remporte le match ou perd 3-2. Je l’utilise principalement quand je crois à la combativité d’un joueur, sans croire à sa victoire — un cas de figure fréquent à Wimbledon où des spécialistes gazon de bas de classement peuvent pousser un favori en cinq sets.
Une nuance que beaucoup ignorent: le handicap +1.5 dame est mécaniquement différent. En deux sets gagnants, « +1.5 » signifie simplement que l’outsider doit gagner au moins un set ou le match. La cote est donc beaucoup plus serrée que côté hommes pour le même écart de niveau apparent. Adapter votre lecture entre simple hommes et simple dames est crucial.
Total de jeux et handicap de jeux: la lecture de la dynamique
Le total de jeux est mon marché préféré sur gazon. Pas par sentimentalisme — par logique pure. Quand vous pariez sur le vainqueur, vous pariez sur le résultat. Quand vous pariez sur le total de jeux, vous pariez sur la nature du match. Et la nature d’un match sur gazon est statistiquement plus prévisible que son issue.
Le marché Over/Under total de jeux fonctionne comme aux paris foot sur les buts. Le bookmaker fixe une ligne — disons 38.5 jeux pour un match en cinq sets. Vous pariez Over si vous pensez que le match dépassera 38 jeux, Under si vous pensez l’inverse. Sur deux gros serveurs en simple hommes à Wimbledon, la ligne tournera souvent autour de 39-41 jeux. Sur deux relanceurs en simple dames, plutôt 19-21 jeux.
Pourquoi j’aime ce marché sur gazon ? Parce que la mécanique du gazon pousse vers les hauts totaux. Le hold de service y est plus solide qu’ailleurs, ce qui signifie peu de breaks, donc des sets serrés, donc beaucoup de jeux. Un set 6-4 fait dix jeux. Un set 7-6 fait treize jeux. Sur trois sets gagnants entre deux serveurs solides, vous arrivez vite à 38-40 jeux sans qu’il se passe rien d’extraordinaire. Le 1991-2024 a vu le nombre moyen d’aces par match sur gazon ATP grimper de 7,6 à 13,4 — augmentation de 76 % qui traduit une domination croissante du service et donc des sets de plus en plus serrés.
Lecture pratique: avant de parier le total, je regarde le pourcentage de hold de service des deux joueurs sur les douze derniers mois sur gazon. Si les deux holdent au-dessus de 87 %, je parie Over presque systématiquement, parce que les breaks vont être rares et les tie-breaks fréquents. Si l’un des deux est à 78 % de hold, c’est plus ouvert et je passe.
Le handicap de jeux fonctionne sur le même principe que le handicap de sets, mais en jeux. « Sinner -5.5 jeux » gagne si Sinner termine le match avec au moins six jeux d’avance cumulés. Un 6-4 6-4 6-3 fait +7 jeux, donc gagne. Un 6-4 6-3 7-6 fait +5 jeux, donc perd. Ce marché est mathématiquement plus subtil que le handicap de sets parce qu’il ne récompense pas seulement la victoire, il récompense la marge de la victoire. Il pénalise aussi sévèrement les remontées: un 4-6 6-2 6-3 6-4 fait +5 jeux, soit perdant pour Sinner -5.5 même si la victoire est nette.
Mon utilisation du handicap de jeux: je le préfère à la cote brute du favori sur les matchs où l’écart de niveau est massif mais l’outsider tient son service. Plutôt que de prendre le favori à 1.15 — pari peu rentable —, je prends le favori -7.5 ou -8.5 jeux à 1.85 ou 2.10. Si je suis vraiment convaincu que l’outsider va perdre 6-3 6-3 6-3, je gagne plus. Si l’outsider fait 6-4 7-6 6-3, je perds, mais c’est précisément le scénario que je voulais exclure.
Le marché tie-break dans les sets décisifs
Tie-break ou pas tie-break, voilà la question — et à Wimbledon depuis 2019, la réponse a changé. Avant 2019, le cinquième set hommes pouvait s’éterniser à l’avantage: Isner-Mahut 70-68 en 2010, du jamais-vu. Depuis 2022, l’AELTC applique un tie-break à 6-6 dans le set décisif, aligné sur le format des autres Grands Chelems. Ça a tout changé pour les marchés tie-break.
Le marché « Y aura-t-il un tie-break ? » est binaire: oui ou non, n’importe quel set du match. La cote sur le « oui » tourne autour de 1.50-1.70 sur les rencontres entre serveurs solides à Wimbledon, parce que la probabilité d’au moins un tie-break sur trois ou cinq sets entre joueurs qui holdent à 88-90 % est mécaniquement haute. C’est presque un marché de confirmation plus qu’un pari spéculatif.
Plus intéressant: « Tie-break dans le premier set ». Cote autour de 3.50-4.50 selon les profils. C’est mon marché de prédilection sur les premiers tours du tableau hommes, où les têtes de série démarrent souvent lentement contre des qualifiés, où les deux joueurs gardent leur service serré sans break, et où le tie-break devient la conclusion logique d’un set 7-6.
Variante encore plus précise: le pari sur le score exact du tie-break ou son vainqueur. Très volatil, je le déconseille sauf information précise sur la solidité mentale des deux joueurs en jeu décisif.
Aces et doubles fautes: marchés statistiques
Un parieur m’a un jour expliqué qu’il avait misé sur « Plus de 25 aces » pour un Karlovic-Isner en pensant que c’était une formalité. Ils ont fait 27 aces à eux deux. Pari gagné, mais de justesse. Sa leçon: les marchés aces ne sont pas des automatismes même sur les plus gros serveurs du circuit.
Le marché total d’aces se présente comme un Over/Under classique. La ligne dépend du profil des deux joueurs. Sur Sinner contre Alcaraz, ligne typique autour de 18.5-22.5 aces. Sur deux relanceurs, ligne autour de 7.5-10.5. À Wimbledon, où le gazon favorise massivement le service, les lignes sont systématiquement plus élevées que sur Roland-Garros pour les mêmes joueurs.
Le contexte chiffré aide à calibrer. Sur le circuit ATP, 65 % des aces sont marqués sur surfaces rapides, gazon et dur, contre 35 % sur terre battue. Cet écart structurel signifie qu’il faut majorer les statistiques moyennes du joueur de 30 à 40 % pour Wimbledon par rapport à sa saison terre battue. Un joueur qui fait 8 aces par match en moyenne annuelle en fera plutôt 11 ou 12 sur gazon. Ce calcul mental est ma première étape avant tout pari aces.
Le marché total d’aces par joueur est plus précis. Vous pariez non pas le cumulé des deux joueurs, mais le nombre d’aces du joueur A pris isolément. Lignes typiques: 9.5 ou 10.5 pour un gros serveur, 4.5 ou 5.5 pour un retourneur. Ce marché est plus exposé au scénario du match: un joueur peut perdre en trois sets et n’avoir que sept aces, alors qu’il en aurait fait quinze en cinq sets. Je l’utilise rarement sans avoir une lecture solide sur la probabilité de durée du match.
Le marché double faute est le miroir négatif. Over/Under sur le nombre de doubles fautes du match ou par joueur. Très spéculatif, parce que les doubles fautes dépendent du vent, du stress, du moment du match. Je l’évite presque toujours sauf cas particuliers — un joueur en méforme connue sur sa seconde balle, des conditions de jeu instables.
Une remarque qui revient parfois dans les analyses: le mouvement vers le jeu de fond depuis trente ans a transformé la lecture statistique du gazon. Jeff Sackmann, fondateur de Tennis Abstract, a posé le constat sans détour — le glissement massif vers le jeu de fond est devenu structurel, et les Edberg, Becker, Rusedski et Henman du serve-and-volley appartiennent à un autre siècle. Concrètement pour le parieur: les marchés aces fonctionnent désormais sur des serveurs qui restent au fond du court après leur service, ce qui change la distribution attendue. Un grand serveur moderne empile les aces puis joue son point en revers de fond — les aces ne sont plus le marqueur d’un style global, mais d’une arme isolée.
Si vous voulez creuser comment cette mécanique du gazon transforme la lecture des cotes au-delà du seul marché aces, j’ai consacré un guide complet à la stratégie de lecture des cotes sur gazon.
Outright: parier le vainqueur du tournoi
Le marché outright est le plus séduisant et le plus dangereux du tennis. Vous pariez en début de quinzaine sur le vainqueur final du tournoi. La cote est attractive — Sinner à 2.50, Alcaraz à 3.20, Djokovic à 8.00, un outsider à 50.00. La promesse est claire: un seul pari, deux semaines d’attente, un retour potentiel énorme. La réalité est plus aride.
Pourquoi l’outright est dangereux. Premièrement, vous immobilisez votre mise pendant quatorze jours sans possibilité de cash-out à valeur égale dans la majorité des cas. Deuxièmement, votre pari dépend d’une chaîne ininterrompue de victoires. Sinner doit gagner sept matchs consécutifs. Si sa probabilité de victoire match par match est de 75 % en moyenne, sa probabilité cumulée de gagner le tournoi est 0.75 puissance 7, soit environ 13 %. La cote 2.50 implique 40 %. L’écart ne se justifie que si vous estimez sa probabilité par match nettement plus haute que 75 %.
Troisièmement, le tableau impose une lecture spécifique. Tomber dans la moitié de tableau de Djokovic n’est pas la même chose que tomber dans la moitié de Tsitsipas. Avant de parier outright, je passe une heure à lire le tirage et à modéliser pour chaque favori son chemin probable, en pondérant chaque adversaire potentiel par sa probabilité de progression dans la même partie de tableau. Sans cette analyse, parier outright revient à acheter une cote sans connaître le produit.
L’argument économique est aussi à intégrer. Le prize money de Wimbledon a doublé en dix ans entre 2015 et 2025, passant d’environ 26,75 millions de livres à 53,5 millions, et le vainqueur de chaque tableau simple repart en 2025 avec 3 millions de livres. Cette progression économique attire la concurrence: plus le tournoi paie, plus les joueurs viennent à plein régime, plus les surprises potentielles augmentent. Les outsiders cotés 50.00 ou plus n’ont jamais eu une probabilité de gagner Wimbledon aussi tangible que sur la période récente — preuve par 2017 (Federer-Cilic), 2021 (Berrettini en finale), et le retour permanent de joueurs comme Fritz ou Musetti dans les cartes des outright à cote moyenne.
Le pari outright « place » — top 4, top 8, atteindre la finale — est une variante moins exposée. Vous gagnez si votre joueur atteint au moins le stade indiqué. Cote plus serrée, mais probabilité plus haute. C’est mon outright préféré sur les joueurs entre la 8ème et la 20ème place mondiale qui ont un profil gazon solide. Plutôt que de parier 80.00 que Bublik gagne le tournoi, je parie 5.00 qu’il atteint les quarts. Probabilité plus réaliste, retour acceptable.
Combinés tennis: risque exponentiel, pas mathématique
Un combiné, c’est plusieurs paris fusionnés en un seul. Si vous combinez Sinner vainqueur (cote 1.40), Alcaraz vainqueur (1.50) et Djokovic vainqueur (1.80) sur trois matchs distincts, votre cote totale est 1.40 × 1.50 × 1.80 = 3.78. Cinquante euros misés vous rapportent 189 euros si les trois pronostics tombent juste. Sur le papier, c’est génial.
Sur le terrain, c’est nettement moins. Si chaque pari a 65 % de chances de gagner — ce qui est typique pour des cotes autour de 1.50 —, votre probabilité combinée de tout gagner est 0.65 × 0.65 × 0.65 = 27,5 %. Trois quarts du temps, vous perdez tout. Et plus vous ajoutez de jambes au combiné, plus la probabilité s’effondre exponentiellement, alors que la cote ne grimpe que linéairement.
Le piège mathématique du combiné est qu’il transforme une suite de paris à valeur attendue acceptable en un pari unique à valeur attendue souvent négative. Pourquoi ? Parce que la marge bookmaker s’applique à chaque cote individuelle, et le combiné cumule ces marges. Si chaque cote intègre 5 % de marge, un combiné à six jambes intègre une marge totale qui dépasse 30 %. Vous payez la marge six fois.
Cas où le combiné se justifie. Premièrement, quand les paris sont corrélés positivement — par exemple « Sinner vainqueur du match » combiné avec « Sinner gagne en moins de trois sets » sur le même match. Plus rare, mais pertinent. Deuxièmement, quand vous voulez transformer plusieurs petits paris à 1.20 en un seul pari à 2.00 ou 2.50 pour rendre le rendement publiable, en acceptant la volatilité accrue. C’est un choix de gestion psychologique, pas un choix d’optimisation mathématique.
Dans tous les autres cas, je préfère placer mes paris séparément. Si je crois en trois pronostics, je les mise en trois mises distinctes. Quand je gagne deux sur trois, j’ai gagné deux fois — ce qui est mieux que tout perdre parce que le troisième s’est effondré.
Règles à connaître: abandon, weather rule, retraits
La règle qui a fait perdre le plus de paris à mes lecteurs au fil des années n’est pas une question de stratégie. C’est une question de règlement de l’opérateur. Quand un match s’arrête sur abandon, qu’est-ce qui paie et qu’est-ce qui ne paie pas ?
La règle générale chez la majorité des opérateurs agréés ANJ est la règle « completed match »: le pari sur le vainqueur du match est validé si le match s’est terminé normalement, et annulé si l’un des deux joueurs abandonne avant la fin. Concrètement: si vous avez parié Sinner vainqueur, qu’il mène 6-4 4-2 contre un adversaire qui abandonne sur blessure, votre pari est généralement remboursé, pas gagnant. Le pari « perd » implique que le match aille jusqu’à son terme.
Variante: la règle « first ball served » ou « first set completed » selon les opérateurs et selon le marché. Sur le marché vainqueur, c’est généralement « match terminé ». Sur le marché premier set, c’est « premier set terminé » — donc si le premier set se termine 6-3 et que le joueur abandonne en début de deuxième set, votre pari sur le vainqueur du premier set est validé et payé. Sur le marché total de jeux ou tie-break, les règles varient sensiblement. Lisez les règles spécifiques de votre opérateur avant de parier sur des matchs où l’un des joueurs traîne une gêne physique connue.
Pour les retraits avant match, c’est plus simple: si un joueur déclare forfait avant le coup d’envoi, tous les paris sur ce match sont annulés et remboursés. Pas de mauvaise surprise, mais pas de gain non plus.
La weather rule à Wimbledon mérite mention. Avec le toit du Centre Court et plus récemment du Court n°1, les interruptions de jeu sont moins fréquentes qu’avant, mais elles arrivent encore sur les courts annexes. Un match interrompu pour pluie reprend généralement le lendemain. Les paris restent en cours et se valident à la conclusion du match, peu importe le délai. Une exception: sur les paris live placés pendant un set en cours, certains opérateurs invalident les paris si l’interruption dure plus de 24 heures. Cas de figure rare mais réel pendant les semaines pluvieuses.
Les paris outright connaissent leur propre logique. Si votre joueur déclare forfait avant le tournoi ou pendant la quinzaine, votre pari outright est généralement perdu — il n’est pas remboursé comme un pari match. Cas Djokovic 2017, Nadal 2022: leurs supporters ont eu la double peine du forfait sportif et du pari outright perdu. C’est une raison structurelle de plus pour ne pas surinvestir le marché outright.
Quel marché pour quel profil de parieur ?
Après dix ans à observer mes lecteurs et mes propres paris, j’ai fini par classer les marchés tennis par profil d’utilisateur. Pas par hiérarchie de mérite — par adéquation entre ce que vous savez faire et ce que le marché récompense.
Le parieur occasionnel qui suit Wimbledon comme un événement et veut parier deux ou trois matchs par quinzaine devrait s’en tenir au marché vainqueur, éventuellement au handicap de sets. Marchés simples, lisibles, qui ne demandent pas de modélisation statistique poussée. Le piège pour ce profil est de descendre dans les marchés exotiques en pensant y trouver une valeur cachée — il n’y en a pas pour qui n’a pas le temps d’analyser.
Le parieur régulier qui suit le tennis hors Wimbledon et a une lecture des profils techniques peut investir le marché total de jeux et le handicap de jeux. Ces marchés récompensent la capacité à anticiper la dynamique d’un match plutôt que son issue. Ils demandent un peu de calcul mais offrent souvent une meilleure valeur attendue que le marché vainqueur sur les rencontres déséquilibrées en classement mais équilibrées en profil.
Le parieur statisticien qui modélise le service et le retour peut entrer sur les marchés aces et doubles fautes. Ces marchés rémunèrent la précision technique. Ils demandent une base de données — taux d’aces récent, performances sur surfaces équivalentes, conditions du jour. Sans cette base, c’est du tirage à pile ou face.
Le parieur ambitieux qui veut un retour fort accepte l’outright et les combinés en sachant qu’il joue contre la mathématique. Ces marchés ont leur place dans une stratégie globale, mais ils ne devraient jamais représenter plus de 10 à 15 % du volume total des mises sur la quinzaine. L’erreur classique est d’en faire le pivot de la quinzaine — auquel cas la déception statistique est presque garantie.
Mon profil personnel après dix ans: 60 % de mes mises sur Wimbledon vont sur le total de jeux et le handicap de jeux. 25 % sur le vainqueur de match, ciblé sur des matchs où je vois un écart entre ma probabilité et la cote. 10 % sur les aces ciblés sur deux ou trois rencontres par quinzaine. 5 % maximum sur l’outright, et seulement sous forme « atteindre les quarts » ou « atteindre la finale ». Aucun combiné, sauf cas exceptionnel de corrélation positive. Cette répartition n’est pas un dogme — elle reflète où je trouve historiquement la meilleure valeur sur deux semaines de tennis sur gazon.
Quelle est la différence entre handicap de sets et handicap de jeux au tennis ?
Le handicap de sets s’applique au nombre de sets remportés. ‘Sinner -1.5 sets’ signifie qu’il doit gagner avec au moins deux sets d’écart, soit 3-0 ou 3-1 en cinq sets gagnants. Le handicap de jeux s’applique au cumul des jeux sur tout le match. ‘Sinner -5.5 jeux’ signifie que la différence entre les jeux gagnés par les deux joueurs doit être d’au moins six au profit de Sinner. Un 6-4 6-3 7-6 fait +5 jeux, donc perdrait le pari. Le handicap de jeux est plus subtil et pénalise les remontées.
Si un joueur abandonne après le premier set, mon pari sur le vainqueur est-il perdu ?
Non, sur la majorité des opérateurs agréés ANJ, votre pari est remboursé, pas perdu. La règle générale est qu’un pari sur le vainqueur du match nécessite que le match aille à son terme normalement. En cas d’abandon, le pari est annulé et la mise restituée. Les règles varient selon l’opérateur et selon le marché précis: sur le pari premier set, le pari est validé si le premier set s’est terminé. Vérifiez toujours les règles de votre opérateur avant de parier sur un joueur fragile physiquement.
Le marché ‘total d’aces’ est-il fiable sur gazon ?
Plus fiable qu’ailleurs, oui. La surface gazon favorise massivement le service, et 65 % des aces sont marqués sur surfaces rapides contre 35 % sur terre battue. Les lignes de bookmaker intègrent ce différentiel, mais les écarts entre joueurs restent plus prévisibles que sur d’autres marchés. Ce qui rend le marché instable, ce sont les variables ponctuelles: météo du jour, durée du match, fraîcheur du joueur après plusieurs tours. Pour fiabiliser ce marché, regardez le taux d’aces du joueur sur les douze derniers mois sur gazon spécifiquement, pas la moyenne annuelle toutes surfaces confondues.
Créé par la rédaction de « Pari Sportif Wimbledon ».
